Première partie :

Introduction :

Il a toujours existé un lien entre le développement de l’industrie et la pollution ou l’émission des gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. Peut-on se développer sans polluer ? Peut-on protéger la nature tout en assurant l’autosuffisance alimentaire ?
Le thème : “lutte contre le changement climatique” nous pousse à nous poser plusieurs questions. Les pays en voie de développement sont-ils condamnés à ne pas se développer ? Peuvent-ils se développer autrement, c’est-à-dire en polluant moins ?

La lutte contre le changement climatique porte des opportunités de projets :

La problématique abordée ici présente une autre vue sur cette question, notamment sous l’angle des opportunités de projets.  Des opportunités en terme de projets pour atténuer l’impact des émissions de gaz à effet de serre, pour réduire ces émissions ou pour s’adapter au changement climatique. Ces projets sont soutenus par la volonté internationale à travers le fond vert pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces projets peuvent porter sur de nouvelles technologies, de nouvelles techniques ou de nouvelles attitudes à adopter dans le cadre des renforcements des capacités des populations.

Ce dossier est composé de 3 parties : la première partie va présenter les résolutions et les priorités des pays africains pour lutter contre les émissions des gaz à effet de serre. La deuxième partie présente les opportunités de projets portées par les priorités des pays. La troisième et dernière partie présente les mécanismes de financements des projets par le fond vert.

La priorité des pays africains dans la lutte contre le réchauffement climatique :

Suite aux accords de Paris, des résolutions ont été prises pour minimiser les émissions de gaz à effet de serre. Les pays moins avancés économiquement polluent très peu, mais sont contraints de contribuer à l’effort. Ils doivent par conséquent revoir leur politique de développement industriel basé sur les modèles classiques.

Dans ce contexte, de nouveaux problèmes et défis en matière de développement de l’Afrique s’imposent. En effet plus de la moitié des 1,2 milliard d’habitants du continent vit avec moins de 1,25 $ par jour, ce qui représente le seuil de pauvreté absolue. En outre, 60% environ des chômeurs d’Afrique sont des jeunes. Plus de 200 millions d’Africains souffrent de malnutrition sévère. Comment produire plus d’aliments tout en préservant les écosystèmes ? Comment développer l’industrie pour résorber le chômage tout en polluant moins ?

Après les accords de Paris pendant la COP 21, s’en est suivie la ratification desdits accords pendant la COP 22 au Maroc. Sur les 143 pays qui avaient ratifié l’accord en avril 2017, 33 étaient des pays de l’Afrique. Ils représentaient 60% des pays du continent. Parmi ces pays on compte : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Éthiopie, le Gabon, la Gambie, le Kenya, le Nigéria, la Somalie, le Tchad, la Tunisie, l’Ouganda ou encore la Zambie, …etc.

Contributions Déterminées au niveau National (CDN) :

Plusieurs de ces pays ont fixé leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDN). Qu’est-ce que c’est ? Les CDN représentent les efforts individuels que les pays (pollueurs ou non) consentent pour atteindre leurs objectifs en matière de changement climatique. Elles déterminent :

  • les mesures d’atténuation des émissions des gaz à effet de serre ;
  • les mesures d’adaptation aux changements climatiques.

La restauration des écosystèmes, déjà bien avancée sur le continent, constitue un exemple d’adaptation climatique dans ces secteurs. Dans le cadre de leurs CDN, la plupart des pays africains ont accordé la priorité aux activités de développement qui renforcent les capacités d’adaptation aux changements climatiques. Ces priorités concernent notamment les secteurs agro-pastoral et l’énergie.

Les priorités des pays africains dans cette stratégie mondiale :

L’Union Africaine soutient que ces objectifs pourraient être atteints si l’adaptation repose sur la réconciliation entre la politique de conservation des écosystèmes, le développement de l’activité agricole et l’utilisation d’une énergie propre. Cette adaptation pourrait renforcer les chaînes de valeur agricole, stimuler la sécurité alimentaire et accroître les opportunités..

Ces efforts consentis par les pays africains par solidarité internationale sont appuyés par le fond vert sur le changement climatique. Ce fond finance tous les projets cadrant avec l’effort à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et de manière général les projets qui visent l’élimination des causes du réchauffement climatique et l’atténuation de l’impact du réchauffement climatique.

Toutes les parties prenantes sont concernées par cette problématique : les états, le secteur privé (opérateurs économiques, société civile, organisation non gouvernementale, groupe d’association, communauté, collectivités territoriales décentralisées, …etc.

Dans la deuxième partie de ce dossier nous allons présenter quelques opportunités de projets réalisables et susceptibles de bénéficier des financements du fond vert.