Introduction :

De plus en plus nous entendons parler du mot Halal. Ce mot nous rappelle d’abord les restaurants musulmans ou les boucheries. Nous allons comprendre qu’il s’agit d’un label commercial porteur de beaucoup d’opportunités d’affaires, mais non encore exploité dans la plupart des pays, notamment en Afrique. Pourtant il s’agit d’un marché qui a un grand potentiel en terme de clientèle, où l’offre ne représente presque rien par rapport à la demande.  De quoi s’agit-il exactement ?

Qu’est-ce que le Halal ?

Dans son sens étymologique le terme Halal est un mot arabe qui désigne ce qui est permis. Son antonyme ou son contraire est Haram, qui désigne ce qui est interdit.

Dans ce cadre précis, Halal désigne l’ensemble des produits et services respectant les exigences d’une culture ancrée dans l’islam. Ces exigences concernent les aliments et les boissons, les processus de fabrication industriel et artisanal, les mécanismes de financements et transactions financières, les services divers, …etc.).

Par exemple, du point de vue alimentaire, tous les aliments sont en général permis, à l’exception de ceux qui sont issus d’animaux tels que les porcs, les chiens, les prédateurs ou la charogne, et des aliments ou boissons qui contiennent de l’alcool et d’autres ingrédients dangereux ou toxiques. Dans le domaine de la finance, il est interdit le principe de l’intérêt dans les transactions financières ou bancaires ; il est plutôt encouragé le principe de partage des profits et des pertes.

D’où vient-il ?

Ce label est né pour répondre aux exigences des musulmans dans tous les secteurs socio-économiques, notamment au sein de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), qui en est le garant. Notons que l’OCI a été créée en 1966 ; elle compte aujourd’hui 57 Etats membres, dont le Cameroun fait partie. Elle est la deuxième plus grande Organisation internationale après l’ONU et constitue aujourd’hui le grand marché des produits et services halal.

Mais au cours des vingt dernières années, le HALAL est passé d’un marché de niche réservé aux consommateurs musulmans à un phénomène de marché mondialisé dont tout indique qu’il joue un rôle significatif dans le développement industriel et technologique ainsi que dans le commerce mondial.

Quelle opportunité d’affaire cela représente-il pour nous ?

Au Cameroun, cet important marché est longtemps resté vierge. En effet il représente un potentiel de plus de 6 millions de consommateurs locaux et plus de 19 millions en Afrique Centrale, dans les secteurs de la production, de la transformation, du commerce, du tourisme, des produits pharmaceutiques, des produits cosmétiques, de la certification et de la finance. Beaucoup d’opportunités d’affaires innovantes à saisir.

Du point de vue du cadre règlementaire, l’élaboration d’un cadre normatif est en cours. Le secteur  privé est également impliqué dans cet effort à  travers les formations et les certifications offertes par des cabinets spécialisés comme African Islamic Finance Consulting (AIFC), qui organise le premier forum dédié à cet effet, du 8 au 12 mai 2018, au palais des sports de Yaoundé.

Son impact dans le développement socio-économique :

Ce système alternatif, inclusif et à fort impact sur le développement de l’économie réelle, de par ses principes, ses valeurs et ses techniques de financement, a gagné la sympathie des organismes internationaux comme l’ONU, les institutions de Brettonwoods (FMI, Banque Mondiale), la BAD et l’ensemble du système économique international. Cette reconnaissance grandissante fait du label HALAL un moteur de croissance économique avec un fort impact sur le développement à travers :

  • L’augmentation des investissements dans l’industrie ;
  • L’intensification des activités de normalisation ;
  • Un nouveau dispositif de financement participatif à travers la finance islamique.

Cette évolution est justifiée par les avantages qu’offre les produits et services HALAL, notamment dans l’encadrement réglementaire et éthique qui les régit et qui garantit la protection non seulement du consommateur, mais également de l’environnement et de la société en général. Pour être véritablement qualifiés de HALAL, les produits et services doivent être produits dans un environnement commercial et social qui bannit l’injustice, respecte l’environnement, promeut l’équité et la satisfaction mutuelle. Il s’agit d’un paradigme qui enjambe les frontières géographiques, culturelles et religieuses.

Quelques chiffres :

En 2016 le marché des aliments et boissons HALAL était évalué à 1,37 billions de dollar US, soit 18,2 % du total du marché mondial des aliments et boissons. Ce chiffre était en nette augmentation de 8,2 % par rapport à 2015. Le marché du tourisme HALAL quant à lui représentait en 2016, 155 milliards de dollars US ; il devrait avoisiner les 220 milliards de dollars d’ici 2020 et atteindre les 300 milliards de dollar US en 2026. Le Cameroun occupe aujourd’hui la 24ème place dans le classement des 30 meilleures destinations du tourisme HALAL en Afrique. Du point de vue de la finance, l’évolution de la finance islamique dans le monde se chiffre entre 20 et 25% par rapport à la finance classique qui connait des signes d’essoufflement par son incapacité à s’adapter aux réalités socio-économiques des pays africains et notamment ceux de la CEMAC.

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